ô rage, ô désespoir, ô vieillesse ennemie…

 

À l’instar de la Green Économie, le vieillissement de la population est une véritable «lame de fond» qui va impacter tous les secteurs: loisirs, transport, alimentation, sécurité, santé, domicile, habitat collectif, assurance, assistance téléphonie, Internet, sport…etc. Tous ces marchés sont déjà en train de s’adapter ou de se décliner sur des segments liés au vieillissement de la population et au bien-vieillir.

Améliorer la qualité de vie des personnes âgées, garantir leur autonomie le plus longtemps possible ou même allonger leur espérance de vie : tels sont les principaux objectifs de la silver économie. La mobilité des seniors est un enjeu sociétal. elle est un enjeu primordial du bien-vieillir.: En effet permettre à une personne âgée de sortir en toute autonomie est essentiel. Cette activité lui permet d’avoir des relations sociales, de rester connectée avec le monde extérieur:

Rendre la ville « senior friendly », tel est l’un des défis liés au vieillissement de la population : trans­ ports, aménagements et mobilier urbain doivent s’adapter aux personnes de plus de 60 ans dont la mobilité peut être diminuée.

Pour éviter que certaines personnes renoncent à leur mobilité, pour leur permettre de rester actives dans leur environnement, il est demandé à nos étudiants de réfléchir à une gamme de mobilier urbain constituée d’au moins 3 pièces distinctes et à la destination des aînés. Plus qu’élaborés pour les seniors, ces dispositifs d’accompagnement à la mobilité seront pensés avec les seniors.

Pour les aider dans leur tâche, les étudiants ont pu bénéficier de l’expertise de l’association Autonom’lab dont la vocation est de répondre aux besoins de la personne âgée en créant les conditions favorables à l’émergence de bonnes pratiques et de l’entreprise solidaire d’utilité sociale, ReSanté-Vous qui s’est déplacée avec un kit de vieillissement mettant les étudiants dans la situation de la cible tant sur un plan locomoteur que sensitif.

 

 

Les étudiants ont du considérer l’acier, matériau durable et pérenne, comme l’un des matériaux constitutif principal de leur panel de propositions. Pour mieux appréhender les limites de mise en œuvre du matériau, ceux-ci ont également eu la chance de visiter les ateliers de chaudronnerie-métallerie de la société CTM87.

 

Faîtes du bruit !!!

 

Dans un monde où les occasions de relâcher le stress sont rares et où la routine du quotidien peut être aliénante, les festivals constituent une alternative extraordinaire. Ils offrent aux individus un cadre unique leur permettant de quitter leur vie ordinaire pour un court laps de temps et ainsi mettre de côté tous les soucis du quotidien. Dans cet espace-temps unique, chacun est libre de se comporter comme il l’entend, sans crainte d’être jugé.

C’est là le coté le plus éclatant des festivals, le plus enthousiasmant Malheureusement il en est un plus sombre. Les festivals peuvent également et pour les mêmes raisons évoquées plus haut, être synonyme d’excès ou de dérives, de perte de vigilance et de prises de risques inhabituels d’autant que la consommation abusive d’alcool ou de produits stupéfiants désinhibe et perturbe les comportements.

 

 

Jusque là simplement mis à la disposition de chaque festivalier qui faisait l’effort de se rendre sur le stand de l’ANPAA (Association Nationale de Prévention en Alcoologie et Addictologie ), les éthylotests et autres préservatifs ne remplissaient pas leur rôle de sensibilisation. En effet, ne se servaient que ceux qui se considéraient comme de potentiels utilisateurs, les festivaliers prudents, lucides.

Si l’ANPAA salue le comportement de ces festivaliers, ce sont tous ceux qui ne se considèrent pas comme concernés que l’association cherche à viser principalement. Ceux que l’idée n’effleure que si elle leur est soufflée, ceux à qui la prudence doit être insuffler. Prévenir c’est risquer moins!

 

 

Pour ce faire, l’ANPAA décide de changer de stratégie et souhaite mettre à la disposition de chaque festivalier dès l’entrée sur site, un kit de sensibilisation comprenant : 2 éthylotests jetables, 2 préservatifs, 2 bouchons d’oreilles et un cendrier de poche.

 

C’est à nos jeunes designers accompagnés du designer Romain Cavroy, que l’association a fait appel pour concevoir un objet-contenant compatible avec le contexte si particulier des festivals. L’ANPAA leur a demandé, afin que ce kit ne devienne pas une ordure de plus encombrant ces larges espaces, de veiller à ce que chaque festivalier de la cible évoquée (de 17 à 22 ans ) éprouve l’envie de le conserver, de l’utiliser et non de s’en débarrasser au plus vite en le déconsidérant.

 

s’éclairer en Limousin, avec Élise Fouin

 

Le limousin, La Creuse, La Souterraine… Non mais c’est quoi ce trou ?

Le Limousin est comme toutes les régions de France, une région pas comme les autres. Une région qui possède un certain nombre de caractères identitaires qui lui sont propres comme les rapports particulier qu’elle entretient avec le monde rurale, à l’environnement, au poids de l’Histoire mais aussi à un certain enclavement voire parfois une tendance à l’autodénigrement.

Le Limousin, le pays des ploucs, des viocs, et des bovins en surnombre… Mais de nombreux artistes et intellectuels qui ont énormément voyagé par ailleurs, portent toujours sur le Limousin un regard flatteur. Du fait de son éloignement à toute frontière, maritime ou terrestre, le Limousin s’impose alors comme un conservatoire, un espace de mémoire. les auteurs, les artistes aiment les marges, les grèves … le Limousin c’est cette grève vers laquelle vont de si nombreux créateurs … le Limousin c’est l’anti Saint-Tropez.

La bouse ou la vie disait technikart, mais aussi une terre des métiers d’art recouvrant entre tradition, excellence et innovations des secteurs extrêmement divers représentés par les métiers de la céramique et des arts du feu plus généralement, de la pierre, du métal, du verre, du bois, du textile, du cuir, du papier…

Le Limousin, c’est le désert ! Mais c’est aussi cette impression d’être dans un grand parc anglais. Des chemins doux, quelques arbres, ces lignes de bocage puis vient la montagne et ces paysages plus sauvages. Des prairies qui font place à des tourbières, des landes à bruyères et à des forêts. Adossé au massif central, un grand bouclier, sorte de socle granitique, tellurique s’impose, le plateau de mille vaches. Pas de ruralité imaginaire où tout être vivant en dehors des villes ne peut être qu’une sorte d’extraterrestre arriéré mais une cohérence villageoise à l’échelle humaine où le travaille de l’homme est perceptible sans être inquiétant. Une nature omniprésente mais civilisée, puissante mais aux lignes douces, écrin, sanctuaire à l’opposé du stress des populations face à une actualité anxiogène.

 

La lumière façonne l’espace, compose des atmosphères, raconte des histoires. De la chandelle à l’OLED, en passant par les feux d’artifice, la lumière nous accompagne au quotidien et parfois échappe à ses contingences pour devenir œuvre. Le défi pour nos étudiants, apprentis designers a été de la façonner et de la modeler pour atteindre un équilibre harmonieux entre le caractère fonctionnel, c’est-à-dire la capacité de répondre de manière efficiente au besoin d’éclairage qu’ils ont déterminé, et le caractère émotionnel que l’éclairage et le luminaire génèrent. Ce dernier ayant une double dimension, celle à l’état de veille, celle à l’état de marche. Si la lumière est le langage, le luminaire est l’objet « parlant » qui instaure un dialogue émotionnel entre son environnement et l’homme qui y vit.

En s’appuyant sur l’expertise de la société New’Gen de Limoges, société spécialisée dans les solutions d’éclairage LED bénéficiant d’une réputation de qualité et de performance acquise à travers des réalisations diverses et accompagnés par La designer Élise Fouin, nos étudiants ont réfléchi à la conception d’un luminaire d’intérieur ou mixte, subtil et haut de gamme. Il s’agissait, pour eux, de penser un objet d’éclairage à la ligne résolument contemporaine. Objet séduisant, innovant. impertinent ou sage, irrévérent ou raisonnable, minimaliste ou spectaculaire qui interroge ses origines limousines, qui raconte cette région et qui, de façon métonymique témoigne d’un évident (ou non) ancrage local (historique, matériel, ethnologique, culturel, paysager…), de la singularité avec laquelle le designer curieux peut regarder et comprendre ce territoire.

 

 

Chauffe Marcel, chauffe!

Il en était déjà question dans un précédent article, la société Maugein, dernier établissement français à  fabriquer et exporter dans le monde entier ses accordéons grâce à de multiples techniques issues de la tradition, s’est offert un cadeau d’anniversaire en collaborant avec les étudiants de 2e année dnmade objet et design de produits dans la création de la radio Maugein.

L’entreprise Maugein, dotée d’un personnel au savoir-faire d’excellence, reconnue entreprise du patrimoine vivant par l’État, souhaite profiter du déploiement prochain de la radio numérique terrestre (RNT ou DAB+) pour proposer, sur le marché haut de gamme, un objet de technologie avancée digne d’un 100e anniversaire.

Il s’agissait pour les étudiants d’imaginer un objet à la ligne résolument contemporaine mais témoignant des valeurs qui font l’image de la marque Maugein. Celle de tradition, de savoir-faire d’excellence, véhiculée par son histoire, les médias, les musiciens eux-même mais aussi celle, si singulière que les étudiants ont perçu le temps de la visite de l’entreprise.
Leur ambition était alors de dépoussiérer l’image « musette », de penser un objet séduisant, innovant et que l’on est fier de disposer chez soi à une époque paradoxale où l’heure est à la dématérialisation musicale et au retour en force du disque vinyle.

Peut-on faire du design avec n’importe quoi? Oui, mais pas avec n’importe qui.

Une semaine de surcyclage, up’cycling week

La société Broussaud, basée au sud de Limoges, est spécialisée dans la fabrication de chaussettes haut de gamme depuis prés de 3 générations. Labellisée Entreprise du Patrimoine Vivant (EPV), la petite entreprise familiale qui emploie une trentaine de salariés met son incomparable savoir-faire au service des plus grandes marques, Jean-Paul Gaultier, Stella McCartney et des plus grands pieds comme ceux de Stromae par exemple, en concevant la chaussette comme un accessoire de mode. Alexandra Broussaud, Directrice ce la société est une personne dynamique et éclairée à l’affût d’influences de tout type et sensible à l’existence de sites et sources créatives à-même de pouvoir nourrir son appétit culturel. Ses lectures, ses conversations l’ont amené à découvrir notre existence, nos projets, nos valeurs et ce que l’on pourrait qualifier comme notre espèce ce lecture contemporaine de l’époque mais en Limousin. Est-ce parce quelle ne peut se résoudre à voir détruire ce quelle sait être un matériau si noble ? Est-ce par une foi aveugle en la création ? Est-ce un dernier recours ? Est-ce pour le défi de confier à nos étudiants un objet si incongru qu’il prête parfois à sourire ? Est-ce un peu tout à la fois ? À vrai dire il s’agit là de l’hypothèse que l’on privilégie.
La société Broussaud met à notre disposition plus de 2 m3 de chaussettes. Il a s’agit pour nos étudiants, dans des groupes de travail métissés car composés d’étudiants issus des différents domaines de spécialité de l’établissement (matériau textile, objet, espace et graphisme), en usant de leurs origines, de leurs savoir faire et savoir-penser associés à leur discipline de spécialité, de questionner ce matériau, de le ré-inventer. De le considérer comme le point de départ du propos, comme le stimulus de tout un projet articulé autour d’un usage qu’ils ont eu à déterminer. Remettre ce matériau au début d’un cycle de création et enfin de production. Production unique chez eux pour un matériau qui n’aura pas réussi a être parfait chez Broussaud.